Sur le traversier du retour, Buenos Aires apparaît à l’horizon.
En revenant à Buenos Aires en pleine heure de pointe, coincés dans le trafic, j'ai vu un jeune et beau garçon aux jambes en bâton de Popsicle parlant avec une dame que j'ai d'abord prise pour sa mère. La femme s'est dégagée et j'ai pensé que son fils lui faisait le grand jeu, comme un enfant peut le faire quand il n'obtient pas ce qu'il désire. Ses grands yeux fixes et hagards me donnaient l'impression qu'il était mentalement diminué. Il est entré dans un snack, a parlé avec la serveuse qui lui a refusé manifestement ce qu'il voulait. Un client lui a alors tendu ce qu'il restait de son sandwich. L'enfant l'a pris et est sorti du snack, les bâtons de Popsicle mal assurés, tout en mangeant le reste de sandwich qu'on venait de lui donner. De notre taxi, nous avons assisté à cette scène qui n'a duré que quelques secondes. L'enfant avait, à vue de nez, tout juste 11 ans et était en réalité drogué jusqu'aux oreilles et non pas déficient comme je le croyais d'abord. Un enfant de la rue. Complètement paumé et seul. Seul... Comment peut-on se retrouver seul et drogué à 11 ans ? J'ai senti comme une étrange douleur au ventre.
Je ne sais pas pourquoi, ça m'a fait penser au chien jaune de la plage et j'ai comparé ce que ça me faisait. Je me trouvais trop sensible, sans doute me fallait-il analyser. J'étais triste pour l'un et j'avais mal pour l'autre. J'étais surtout impuissante.
C'était beaucoup pour une seule journée.
Je ne sais pas pourquoi, ça m'a fait penser au chien jaune de la plage et j'ai comparé ce que ça me faisait. Je me trouvais trop sensible, sans doute me fallait-il analyser. J'étais triste pour l'un et j'avais mal pour l'autre. J'étais surtout impuissante.
C'était beaucoup pour une seule journée.















































